Conférence de presse du président Kennedy - Histoire

Conférence de presse du président Kennedy - Histoire


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Conférence de presse Kennedy 08/02/61

LE PRÉSIDENT. Bonjour. J'ai plusieurs brèves annonces.

[1-] Premièrement, j'aimerais annoncer que j'ai invité le premier ministre du Canada, le très honorable John G. Diefenbaker, à faire une brève visite à Washington, le lundi 20 février, pour discuter de questions d'intérêt commun dans nos deux pays, je suis particulièrement heureux qu'il vienne. Nous organiserons un déjeuner en son honneur à la Maison Blanche. Je pense qu'il est très important que des relations harmonieuses existent entre deux vieux amis, et je suis donc heureux d'avoir cette chance de rendre visite au Premier ministre.

[2.) Deuxièmement, je veux dire un mot ou deux sur l'OTAN. C'est notre alliance défensive centrale et la plus importante, mais au sens large, c'est bien plus. Les membres de l'OTAN doivent également être des leaders à l'intérieur et à l'extérieur de l'OTAN elle-même, dans des causes aussi importantes que l'intégration de l'Europe et le développement coopératif de nouvelles nations. Nous entendons pour notre part rester des partenaires à part entière et énergiques de l'OTAN, et nous souhaitons notamment maintenir notre puissance militaire en Europe. Le secrétaire Rusk étudie particulièrement attentivement notre politique au sein de cette grande organisation et je suis ravi de dire qu'il aura l'aide non seulement de l'ambassadeur Finletter, mais d'un groupe consultatif sous la direction de l'un des véritables fondateurs de l'OTAN, un ancien secrétaire d'État distingué, M. Dean Acheson.

(3-) Troisièmement, avec l'approbation du secrétaire Ribicoff, je demande au Surgeon General d'organiser et d'établir au sein du Service de santé publique un centre de santé infantile, pour traiter les problèmes de santé particuliers des enfants. C'est une question qui m'intéresse particulièrement. Quelque 400 000 bébés naissent chaque année avec des malformations congénitales. Je ne pense pas qu'en tant que pays, à l'échelle nationale, et en fait, je ne pense pas que nous ayons probablement fait assez en privé sur la recherche sur les causes du retard mental. Et tandis que de nombreux efforts sont déployés dans ce pays pour s'occuper de ces enfants, je pense qu'il est très important que nous consacrions un effort particulier dans les mois et les années à venir à la recherche des causes de ce problème. Je suis donc ravi que nous allons de l'avant avec le ferme soutien du gouverneur Ribicoff.

Merci.

(4-) Q. Monsieur le Président, au cours des dernières 24 heures, il s'est produit une situation quelque peu difficile à comprendre concernant l'écart des missiles. Un responsable de votre administration, qui a été identifié dans certains journaux ce matin comme le secrétaire McNamara, a été cité comme ayant déclaré que l'écart de missiles auquel on s'attendait et dont on a tant parlé n'existait pas, et il n'en voyait aucune perspective. Votre attaché de presse, hier après-midi, a démenti cette histoire. Maintenant, je me demande si vous pouvez mettre les choses au clair, si vous pouvez nous dire votre version de ce que le secrétaire McNamara a dit, et ce que vous pensez de l'écart des missiles. Existe-t-il, et comment et où existe-t-il ?

LE PRÉSIDENT. Ma seule conversation avec M. McNamara n'a pas eu lieu lors d'une réunion officieuse, si une telle réunion a eu lieu, mais lors d'une conversation que j'ai eue avec lui hier après-midi après la parution des rapports.

M. McNamara a déclaré qu'aucune étude n'avait été conclue au sein du Département de la Défense qui permettrait de conclure à ce stade quant à savoir s'il existe ou non un écart de missile. En outre, j'ai parlé ce matin à M. Hitch, qui est le contrôleur du ministère de la Défense, qui a été chargé par le secrétaire à la Défense de procéder à un examen de nos armes stratégiques de la même manière que M. Nitze le fait. un examen de nos armes tactiques. Hitch m'a informé qu'aucune étude n'avait été réalisée à ce sujet. Il espérait avoir terminé une étude préliminaire d'ici le 20 février, mais il m'a dit très précisément qu'à ce jour, il n'est pas prêt à porter un jugement sur notre capacité en armes stratégiques.

Il y a beaucoup de problèmes compliqués impliqués. Nous comprenons que les États-Unis ne frapperont pas les premiers et, par conséquent, nous devons considérer ce qui sera à la disposition des États-Unis si une attaque avait lieu contre nous, non seulement avec des missiles, mais aussi dans les autres armes de notre arsenal, SAC, la Marine, Polaris, et tout le reste. Je pense donc que pour répondre à votre question, l'étude n'est pas terminée. Il n'est donc pas venu sur mon bureau. Il y aura une étude sur la façon dont le budget pour les exercices 1961 et 1962 devrait être modifié compte tenu de notre position stratégique, mais cette étude ne sera pas complétée par M. Nitze ou M. Hitch, ni sur le bureau de M. McNamara pour être passé à moi, pendant quelques jours.

Q. Eh bien, Monsieur, au cours de la campagne, vous sembliez avoir le sentiment très fort qu'il existait à ce moment-là une lacune importante pour les missiles. Vous sentez-vous maintenant aussi fort ?

LE PRÉSIDENT. Eh bien, ce que j'espère faire, c'est attendre que le ministère de la Défense à qui j'ai confié cette responsabilité, M. McNamara, et qu'il ait passé la responsabilité aux membres de son département - j'espère que nous aurons une réponse plus claire à cette question . Bien sûr, j'espère que les États-Unis sont totalement en sécurité. Je serai ravi si tel est le résultat. Si ce n'est pas le cas, je pense qu'il est important que nous le sachions, et je dirai que nous le ferons alors - j'assumerai alors la responsabilité de transmettre au Congrès ce jugement collectif sur notre position et ce qu'il faut être terminé.

Ainsi, sans entrer dans la discussion de ces histoires ce matin, je tiens à dire que j'ai appris que ces études ne sont pas complètes et qu'il serait donc prématuré de se prononcer sur l'existence ou non d'un écart écart.

(5.) Q. Président, pourriez-vous nous dire ce que vous pensez de la sagesse - l'idée de ces briefings de fond où les responsables gouvernementaux ne s'identifient pas comme étant distincts de ce type de " conférence de presse grande ouverte " ?

LE PRÉSIDENT. Eh bien, ils sont dangereux dans de nombreux cas - [Rires] - et je pense que notre M. McNamara pourrait être d'accord avec cela maintenant. D'un autre côté, je dirai qu'ils sont également importants. J'espère qu'il serait possible d'élaborer un système satisfaisant où les journalistes qui sont chargés de couvrir des affaires particulièrement compliquées, où ils auraient la possibilité de discuter avec le fonctionnaire responsable sur une base contextuelle afin que leurs histoires soient plus précise. Je crois qu'il y a déjà eu de telles conversations dans cette administration et elles ont été, je pense, utiles. Celui-ci, évidemment, une polémique en a découlé, mais j'espère qu'il sera possible pour les responsables et les journalistes qui sont particulièrement concernés par ce domaine, d'élaborer des règles de base afin qu'elles puissent être poursuivies.

[6.] Q. Monsieur le Président, conformément à votre déclaration sur l'OTAN, pourriez-vous nous dire comment vous envisageriez une réunion des chefs de gouvernement du Conseil de l'OTAN dans un avenir proche ?

LE PRÉSIDENT. Eh bien, je ne serais pas en mesure de vous donner une réponse à cela. Il y a une réunion prévue je crois à Oslo, des ministres des Affaires étrangères, en mai. J'ai vu des articles de journaux selon lesquels cela pourrait devenir une réunion des chefs d'État. Mais je dois dire qu'aucun jugement n'a été rendu, je pense qu'il est juste de dire que la question n'est pas encore à l'étude.

(7.) Q. Président, vous avez dit lors d'un de vos récents messages que cette Nation approchait rapidement de son heure de danger ou de péril maximum - j'oublie les mots exacts. Certaines personnes ont suggéré que vous peigniez peut-être le tableau plus noir qu'il ne l'est à des fins de choc. Pourriez-vous peut-être nous expliquer ce matin ce que vous avez en tête et si vous sentez vraiment sincèrement que nous approchons de ce péril comme vous l'avez dit?

LE PRÉSIDENT. Je crois sincèrement ce que j'ai dit dans mon discours sur l'état de l'Union au sujet de notre position dans le monde. J'occupe ce poste pour les 4 prochaines années, et je pense que les 4 prochaines années seront des années au cours desquelles ce pays et sa capacité à maintenir sa position et sa sécurité seront fortement mis à l'épreuve. Je pense que quiconque regarde le monde et regarde la montée en puissance du bloc communiste, la belligérance qui caractérise le bloc, en particulier les communistes chinois, je dirais, arriverait à la conclusion que nous allons être mis à rude épreuve dans le 4 prochaines années.

[8.] Q. Président, il y a 3 mois, un tribunal fédéral de la Nouvelle-Orléans a ordonné la déségrégation de deux écoles publiques. Depuis lors, ce qui est apparemment une campagne d'intimidation organisée a empêché la plupart des enfants blancs d'entrer dans ces écoles et a effectivement contrecarré l'ordonnance du tribunal.

Pendant la campagne, vous avez parlé d'utiliser votre autorité morale en tant que président dans le domaine des droits civiques. Pouvez-vous nous dire ce que vous comptez dire ou faire pour aider les familles de la Nouvelle-Orléans qui veulent manifestement obéir à la Constitution mais ont peur de le faire ?

LE PRÉSIDENT. Je vais - au moment où je pense que c'est le plus utile et le plus efficace, j'essaierai d'utiliser l'autorité morale ou la position d'influence de la Présidence à la Nouvelle-Orléans et dans d'autres endroits. Je veux m'assurer que tout ce que je fais ou dis a un effet bénéfique et, par conséquent, c'est une question que nous examinons.

Q. Mais vous n'avez rien à dire spécifiquement sur la Nouvelle-Orléans aujourd'hui ou sur ce qui s'est passé là-bas, par exemple, la semaine dernière, l'homme qui avait essayé d'envoyer ses enfants à l'école puis a quitté la ville par peur ?

LE PRÉSIDENT. Nous allons-je vais commenter. En ce qui concerne la Nouvelle-Orléans, ma position est que tous les élèves devraient avoir la possibilité de fréquenter les écoles publiques quelle que soit leur race, et cela est conforme à la Constitution. C'est conforme, à mon avis, au jugement du peuple des États-Unis. Il n'y a donc aucun doute là-dessus.

Maintenant, plus précisément, ce que nous pourrions faire le plus pleinement afin de fournir une mise en œuvre de la décision du tribunal de la Nouvelle-Orléans qui est une question que nous examinons attentivement. Sur la question générale, il n'y a aucun doute à mon avis : les élèves devraient être autorisés à fréquenter les écoles conformément aux décisions de justice. La question plus large est bien sûr, quelles que soient les décisions de justice, je crois fermement que chaque Américain devrait avoir la possibilité de développer au maximum ses talents, dans les circonstances les plus avantageuses, et c'est ce que prévoit la Constitution. C'est ce que je crois fermement.

Sur la question précise de ce que nous pouvons faire utilement à la Nouvelle-Orléans afin de fournir un acquiescement plus harmonieux à la décision de justice, je pense que nous pourrions peut-être plus utilement attendre d'avoir terminé notre analyse de celle-ci.

[9.) Q. Président, le Congrès a passé beaucoup de temps à enquêter sur les organismes de réglementation et l'ingérence de l'exécutif en eux. Maintenant, votre assistant, M. Landis, a suggéré qu'un bureau de la Maison Blanche soit mis en place pour superviser ces agences. Pensez-vous que cela pourrait conduire au même type d'ingérence de l'exécutif que le Congrès a enquêté ?

LE PRÉSIDENT. Landis a recommandé un tel bureau de la Maison Blanche dans son étude. J'ai demandé à M. Landis de venir à la Maison Blanche, non pas pour remplir un tel bureau, bien sûr, qui n'est pas établi, mais simplement pour travailler avec la Maison Blanche et avec les membres du Congrès intéressés qui sont soucieux d'améliorer notre réglementation procédures.

Il va rester quelques mois et faire ça. J'ai conféré hier avec le membre du Congrès Harris, qui a une responsabilité particulière en tant que président du comité de la Chambre sur le commerce interétatique et étranger, et nous allons continuer à travailler ensemble pour essayer d'accélérer les procédures des agences de réglementation et d'améliorer leurs actions.

La question de savoir si nous devrions avoir une telle liaison ou un tel centre à la Maison Blanche est une question que nous allons examiner. Le Congrès porte une responsabilité particulière pour ces agences et, par conséquent, je pense qu'il est probablement peu probable qu'une responsabilité majeure dans ce domaine revienne à la Maison Blanche, et je ne suis pas tout à fait sûr que ce soit sage.

[10.] Q. Monsieur, cette question est un peu personnelle. Vous avez à votre disposition dans les montagnes Catoctin dans le Maryland une très belle retraite de week-end qui a été utilisée par d'anciens présidents. Monsieur, prévoyez-vous de l'utiliser et si oui, prévoyez-vous de le renommer Shangri-La ? Et je crois aussi que vous avez deux yachts du gouvernement à votre disposition. Prévoyez-vous de les utiliser aussi, monsieur ?

LE PRÉSIDENT. Je ne vais pas utiliser les yachts pour le moment. [Rires] Je n'ai pas l'intention d'utiliser Camp David très souvent. Maintenant, je vais garder-je pense que le nom devrait être gardé Camp David. Mais je doute d'y aller très souvent. Sur la question des yachts, il faudra attendre de voir quelle est la situation. Je crois que nous avons le Barbara Anne, et je ne connais pas l'autre yacht.

(11.) Q. Président, il y a un rapport d'Australie ce matin, citant un scientifique américain disant que nous aurons un homme dans l'espace d'ici 6 semaines. Je me demande si vous avez ordonné une accélération de notre programme spatial, ou si vous considérez cela pour des raisons psychologiques ou autres que nous sommes dans une course avec les Russes pour envoyer un homme dans l'espace ?

LE PRÉSIDENT. Non, d'abord, je ne sais rien de ce rapport. Nous sommes très soucieux de ne pas envoyer un homme dans l'espace pour gagner un peu plus de prestige et lui faire prendre des risques disproportionnés, nous allons donc être extrêmement prudents dans notre travail et même si nous devions arriver en deuxième position un homme dans l'espace, je serai toujours satisfait si, lorsque nous mettrons enfin un homme dans l'espace, ses chances de survie sont aussi élevées que je pense qu'elles doivent l'être.

(12).] Q. Président, il a été rapporté de manière assez fiable que vous et certains membres de votre personnel et membres du Cabinet étiez très actifs sur la Colline par téléphone et autrement dans la récente lutte pour les règles. Pourriez-vous nous donner votre point de vue sur ce que sera votre activité et celle des membres de votre cabinet et de votre personnel au cours de la prochaine année législative, en ce qui concerne le démarrage de votre programme?

LE PRÉSIDENT. Nous avons un agent de liaison, M. O'Brien, et il a M. Wilson qui est la liaison pour la Chambre et M. Manatos qui est la liaison pour le Sénat, et nous essaierons de garder un contact étroit entre la Maison Blanche et la Chambre et le Sénat afin de donner à notre programme les meilleures chances de réussite. Nous garderons donc des contacts très étroits avec la Colline, et j'espère qu'ils seront harmonieux.

[13-] Q. Vous avez dit dans le passé que la libération des deux tracts a récemment aidé dans nos relations avec l'Union soviétique. Pourriez-vous nous présenter, monsieur, les développements que vous pourriez espérer avoir avant une éventuelle réunion au sommet avec M. Khrouchtchev ?

LE PRÉSIDENT. Eh bien, j'ai dit que cela éliminait un obstacle sérieux aux relations harmonieuses avec l'Union soviétique, la libération des tracts. Thompson revient cette semaine, et je vais rencontrer M. Thompson à plusieurs reprises cette semaine samedi matin avec M. Thompson, M. Bohlen et M. Kennan-pour aider à tracer nos futures relations avec l'Union soviétique.

Il y a certaines choses qui, je pense, pourraient être faites utilement, et doivent être faites si nos relations vont continuer à être fructueuses. Nous sommes préoccupés, comme ils le sont j'en suis sûr, par la situation au Laos. Nous sommes préoccupés par la situation au Congo, comme je suis sûr qu'ils le sont, et j'espère que nous pourrons leur faire comprendre notre position et obtenir un résultat utile.

(14)-1 Q. Président, les Américains d'origine mexicaine sont très inquiets parce que vous n'avez nommé aucun d'entre eux à un haut rang de votre administration. Ils disent qu'ils sont le seul groupe ethnique qui a travaillé pour vous au niveau national, dans les clubs "Viva Kennedy" et les forums GI, qui n'a pas été reconnu. Je me demande si vous envisagez de leur donner une certaine reconnaissance?

LE PRÉSIDENT. Eh bien, nous avons, je pense, le Dr Garcia, de l'État du Texas, qui, je crois, est allé avec l'ambassadeur Whitney en Jamaïque ce week-end. Nous avons offert un poste à responsabilité à un Américain d'origine mexicaine qui n'a pas pu l'accepter, mais c'était un poste de haute « responsabilité »

Je suis tout à fait d'accord avec vous pour dire que nous devons utiliser ce que je considère comme un grand réservoir de talents, et je pense que c'est particulièrement vrai dans nos relations avec l'Amérique latine. Alors je vais juste vous dire que c'est une question d'intérêt et que nous allons continuer à voir si nous pouvons les associer plus étroitement à notre administration.

(15.) Q. Président, le week-end dernier, les Russes ont lancé un satellite de 7 tonnes en orbite, qui, selon eux, était un test d'une nouvelle fusée. Cela a conduit à des spéculations mondiales selon lesquelles il pourrait y avoir eu un homme à bord. Que savons-nous de cette fusée russe et des récentes rumeurs de tentatives russes de lancer un homme dans l'espace ?

LE PRÉSIDENT. Eh bien, je n'ai aucune information sur le fait qu'il y avait un homme impliqué. « Nous n'avons aucune preuve qu'il y avait un homme dans la fusée. Nous avons, bien sûr, des informations, dont une grande partie est parue dans la presse, sur la fusée. de leurs expériences menant à placer un homme dans l'espace. Mais au moins pour l'instant nous n'avons aucune preuve qu'il y ait un homme là-dedans. Mais je suis sûr qu'ils continueront ces expériences menant à en placer un là-bas.

(16) Q. Président, dans votre message au Congrès sur le problème de l'or, il y avait un passage dans lequel vous faisiez référence aux taux d'intérêt sur les fonds étrangers qui comportaient une phrase qui pourrait conduire à la présomption que vous aviez peut-être à l'esprit de soumettre législation qui vous donnerait un peu plus d'autorité sur les taux d'intérêt nationaux dans d'autres domaines. Est-ce une conclusion raisonnable? Avez-vous l'intention d'étendre l'autorité de la Présidence en matière de taux d'intérêt nationaux ?

LE PRÉSIDENT. Non. Comme vous - nous avons eu des consultations avec le Federal Reserve Board sur les mesures à prendre pour éviter que le taux d'intérêt sur les titres à court terme ne baisse tant que le taux d'intérêt - qui affecte le flux d'or - tandis que les intérêts le taux des titres à long terme reste élevé, ce qui nuit à l'économie.

Mais ce qui, bien sûr, nous intéresse, c'est de voir les taux à court terme rester suffisamment élevés pour protéger notre or, tandis que les taux à long terme baissent quelque peu afin de stimuler l'économie. Mais c'est une question sous le contrôle, bien sûr, directement, de la Réserve fédérale, le Trésor y ayant, bien sûr, un intérêt direct. Mais il n'est pas prévu, pour répondre à votre question, que nous proposions une législation ou des décrets exécutifs qui augmenteraient notre contrôle directement sur les taux à long terme.

(17) Q. Monsieur le Président, en ce qui concerne l'OTAN, avez-vous examiné le problème ou la recommandation de l'administration précédente que l'OTAN reçoive ses propres armes nucléaires, ou est-ce que cela sera laissé au groupe Acheson, et quand cela le groupe doit-il faire rapport ?

LE PRÉSIDENT. Eh bien, c'était l'une des questions, bien sûr, dont le général Norstad a brièvement discuté. C'est une question qui est actuellement examinée par l'ambassadeur Finletter avec l'aide de M. Acheson. C'est l'une des, je dirais, les questions centrales qui nous intéressent maintenant, et ces deux hommes y travailleront.

Q. Quand ce groupe vous rendra-t-il compte, approximativement ?

LE PRÉSIDENT. Je n'ai pas le temps là-dessus, mais je pense que nous devrions avancer avec une certaine vitesse.

[18.] Q. Monsieur le Président, les États peuvent désormais fixer leurs propres normes de sécurité et de réglementation pour le développement de l'industrie atomique à l'intérieur de leurs propres frontières. Les critiques de cette disposition de bricolage estiment qu'elle augmente le risque d'accidents nucléaires et favorise un contrôle fédéral complet dans ces domaines. Pouvez-vous nous donner votre avis là-dessus ?

LE PRÉSIDENT. Bon, il va falloir que je me penche dessus. Je n'en suis pas informé.

(19. ) Q. Monsieur, dans toutes les discussions sur le problème de l'or, l'Allemagne de l'Ouest revient sans cesse faisant plus sa part dans l'aide aux régions sous-développées et prenant plus d'engagements dans la défense commune. Votre administration fait-elle des représentations soit par l'intermédiaire du département du Trésor, soit par l'intermédiaire de notre ambassadeur pour amener les Allemands à faire plus dans ces domaines.

LE PRÉSIDENT. Oui.

Q. Pouvez-vous préciser, Monsieur ?

LE PRÉSIDENT. Eh bien, je pense que les propositions qui ont été faites, bien sûr, à notre avis, ne répondent pas au problème ou à l'opportunité, et j'espère que nous pourrons trouver un arrangement plus satisfaisant avec les Allemands de l'Ouest.

M. von Brentano sera aux États-Unis, ministre des Affaires étrangères, au mois de février. J'espère le voir. En outre, nous envisageons d'autres méthodes qui pourraient élever ces négociations à un niveau peut-être plus élevé.

Q. Pour poursuivre, Monsieur, pourriez-vous préciser ce que vous entendez par « niveau supérieur » ? Trouvez-vous que vous rencontrez des problèmes avec eux en raison de leur prochaine élection?

LE PRÉSIDENT. Eh bien, ils ont beaucoup de responsabilités et de problèmes qui leur sont propres. En plus de tout ce qu'ils font à notre égard, ils ont d'autres responsabilités envers les Français et les Britanniques. Donc, en toute honnêteté, je dois dire que la question n'est pas tout à fait facile pour les Allemands. Cependant, c'est une question de grande importance et je pense donc qu'il pourrait être utile de prévoir que ces discussions devraient avoir lieu à un niveau plus élevé qu'elles ne l'ont fait par le passé.

[20.] Q. Monsieur le Président, vous avez parlé pendant la campagne de la nécessité de faire bouger les choses. Je me demande si vous pourriez nous dire dans quelle mesure vous pensez avoir réussi jusqu'à présent à créer une nouvelle ambiance à Washington ?

LE PRÉSIDENT. En ce qui concerne l'économie nationale, ou en général?

Q. Mettre un peu d'urgence là-dedans.

LE PRÉSIDENT. Eh bien, je pense que nous avons des gens talentueux dans notre groupe de Washington qui y consacrent beaucoup de temps et d'attention. Et donc j'ai bon espoir - bien que nous ne soyons au pouvoir que depuis quelques semaines - j'ai bon espoir qu'avant que la neige ne tombe du sol, nous aurons été en mesure de stimuler l'action dans divers domaines.

[.21.] Q. Président, dans votre discours sur l'état de l'Union, vous avez fait remarquer que la moralité dans les affaires privées n'a pas été suffisamment stimulée par la moralité dans les affaires publiques. À la lumière des fautes professionnelles de taille économique révélées par certaines des principales sociétés américaines, voudriez-vous commenter cette situation et l'impact d'une telle moralité ou d'une telle immoralité d'entreprise privée sur la communauté elle-même ?

LE PRÉSIDENT. Eh bien, ayant participé à l'enquête sur les pratiques inappropriées dans le domaine syndical-patronal pendant 2 ou 3 ans, et y ayant eu beaucoup d'attention publique, j'espère que le ministère de la Justice, la Division antitrust qui a été très effectivement menée ces derniers mois, et d'autres agences du gouvernement s'en préoccuperont - et le Congrès se préoccupera du problème des conflits d'intérêts et des pratiques monopolistiques, ainsi que des pratiques encore plus illicites menées dans le monde des affaires américain. Et j'espère que la communauté des affaires elle-même réfléchira aux mesures qu'elle pourrait prendre pour lever cette ombre de ses épaules.

Q. Pensez-vous, monsieur, que peut-être les entreprises pourraient bien établir des codes de conduite éthique tels que les syndicats ont établi ?

LE PRÉSIDENT. Oui. J'ai bon espoir que les syndicats seront à la hauteur de ces pratiques éthiques qui imposent pour eux des normes très élevées ; et je pense qu'il serait très bénéfique que les groupes d'entreprises réfléchissent aujourd'hui à ce qu'ils pourraient faire pour se protéger des accusations de conflits d'intérêts du type que nous avons vu récemment, ainsi que des efforts déployés par ces grandes entreprises électriques pour frauder les Gouvernement. Et je dois dire que je serais intéressé de voir quels progrès ils peuvent faire dans ce domaine.

[.22.) Q. Président, le discours de l'amiral Burke a été à l'origine vérifié et débarrassé de certaines choses qui, selon moi, M. Salinger ont pu être des sources de frictions inutiles avec l'Union soviétique. Certains républicains du Congrès ont accusé cela d'apaisement. Pourriez-vous nous esquisser le terrain assez difficile entre l'apaisement et les « frictions inutiles » ?

LE PRÉSIDENT. Tout ce que je dirais, c'est que j'espère que ceux qui font des discours dans le domaine de la sécurité nationale, les chefs d'état-major et autres, et tous les autres, essaieront de coordonner ces discours avec le département d'État et avec la Maison Blanche, donc que nous pouvons nous assurer que ces discours représentent la politique nationale. Je dois dire qu'il me semble que Theodore Roosevelt a établi une très bonne norme pour nous tous, et j'espère que cette administration suivra en parlant doucement et en la maintenant.

[23.] Q. Président, lundi, M. Rusk a déclaré que les États-Unis étaient prêts à coopérer avec les autres républiques américaines pour mettre fin à la tyrannie, a-t-il dit, contre la gauche ou la droite. Est-il envisagé de demander aux autres États américains de se joindre à nous dans certaines démarches sur le problème cubain ?

LE PRÉSIDENT. Le problème cubain et le problème de la tyrannie dans toute l'Amérique latine est une question qui, bien entendu, préoccupe particulièrement M. Berle et son groupe - le groupe interministériel - et ils n'ont pas encore terminé leur analyse.

[24.] Q. Président, Castro aurait construit une nouvelle station de radio, l'une des plus grandes de l'hémisphère, qui commencera à fonctionner dans quelques mois pour diffuser de la propagande pro-Castro dans toute l'Amérique latine. Y a-t-il quelque chose que nous pouvons faire ou prévoyons de faire pour contrer cela?

LE PRÉSIDENT. Nous accordons une haute priorité à la question de Cuba et à l'exportation de sa révolution dans toute l'Amérique latine. Je ne pourrais pas encore dire quelles mesures seront prises jusqu'à ce que M. Berle, M. Mann et M. Rusk aient terminé leurs délibérations, qui se poursuivent maintenant de manière très intensive.

[25.] Q. Président, l'un de vos groupes de travail a recommandé que vous ayez un pouvoir discrétionnaire dans certaines limites pour réduire les taux d'imposition en tant que dispositif anticyclique. Pouvez-vous nous dire ce que vous pensez de cette idée ?

LE PRÉSIDENT. Eh bien, en 1958, il y a eu deux propositions pour réduire les impôts. L'un a été fabriqué en mars et je crois que l'autre a été fabriqué en juin. J'ai voté contre en mars et pour en juin, car cela semblait, selon les économistes à qui j'en ai parlé, être utile. Comme vous vous en souvenez, je ne pense pas qu'il ait obtenu plus de 23 ou 24 voix. La récession a été grave et nous nous sommes retrouvés avec un déficit de 12 milliards de dollars. Maintenant, nous allons revoir l'économie en avril et juger à ce moment-là si nous pouvons nous attendre à une reprise au printemps ou en été.

Je dirai que je ne suis pas convaincu à l'heure actuelle que le Congrès accueillerait cette proposition, et je ne la ferais pas pour le moment parce que je pense que nous devrions avoir plus d'expérience et plus de recul sur l'état de l'économie avant de faire un proposition qui va assez loin, et qui coûterait au budget fédéral peut-être 4 ou 5 milliards de dollars, ce qui est grave et qui limiterait peut-être notre capacité à aller de l'avant avec d'autres programmes qui, à long terme, pourraient être plus utiles . Si vous avez une baisse d'impôt, elle peut durer 6 mois, si le Congrès l'accorde, et vous perdez 5 milliards de dollars, qui sont réinjectés dans l'économie et dépensés. Avec 5 ou 3 milliards de dollars consacrés à l'éducation, à la santé ou à la sécurité internationale, vous pouvez obtenir un résultat à plus long terme. Il s'agit donc d'une question qui doit être considérée sous différents angles. En tout cas, en avril, nous essaierons de porter un autre jugement sur l'état de l'économie. Ce qui m'inquiète, c'est que l'économie va avancer, en utilisant moins que sa capacité, et il est extrêmement difficile de prendre des mesures qui lui permettront de fonctionner rapidement à pleine capacité.

Ce qui nous préoccupe, c'est qu'avec l'énorme augmentation de l'automatisation, il est possible que les bénéfices des entreprises restent substantiels et que l'emploi soit à la traîne. Le fait que les entreprises sidérurgiques aient pu maintenir des bénéfices assez substantiels à un moment où elles fonctionnent à moins de 50 pour cent de leur capacité indique le genre de problème auquel nous sommes confrontés avec bien plus de 100 000 travailleurs de la sidérurgie au chômage.

Pour répondre précisément à votre question, nous reviendrons sur les mesures supplémentaires qui pourraient être prises en avril, mais j'espère que le Congrès agira sur les propositions que nous avons maintenant faites, qui concernent tout particulièrement les indemnités de chômage et aussi les personnes en détresse paiements à la surface, ainsi que certaines améliorations de la sécurité sociale. Si nous pouvions aller de l'avant sur ceux-ci, nous pourrions peut-être avoir une meilleure idée des mesures qui devraient être prises en avril.

[26.] Q. Monsieur le Président, les combats au Laos se poursuivent. Le pont aérien soviétique a maintenant 2 mois. La réponse soviétique à la proposition de relancer la Commission internationale de contrôle a été retardée de quelques semaines. Je me demande si vous pouvez nous dire combien de temps ce gouvernement est prêt à attendre avant de proposer de nouvelles mesures pour résoudre cette crise persistante.

LE PRÉSIDENT. Il y aura une réunion à la Maison Blanche cet après-midi au sujet du Laos et des nouvelles mesures que nous devons maintenant prendre. Et j'ai bon espoir qu'une proposition sortira de cette réunion.

[27.] Q. Président, de nombreux États sont en train de reformer leurs districts du Congrès à la suite du recensement de 1960 et cela conduit inévitablement à des accusations de gerrymandering dirigées contre les deux parties. Pouvez-vous nous dire où vous en êtes sur le projet de loi du président Celler visant à contrôler dans une certaine mesure le gerrymandering par des moyens tels que la contiguïté des districts et le contrôle d'une certaine population au sein d'un État ?

LE PRÉSIDENT. Eh bien, même si vous pouviez adopter ces propositions, vous pourriez toujours avoir beaucoup de gerrymandering. Je représentais un district qui était environ 5 pour 1 démocrate, qui était contigu, qui était géographiquement associé à un district voisin, qui était marginalement républicain. Maintenant, il est très difficile pour le Congrès ou pour le gouvernement fédéral de faire respecter les normes. Ce qui aurait dû se passer, bien sûr, est probablement sous certaines normes, c'est que ces deux districts coupés d'une manière différente qui auraient fourni au lieu d'un membre du Congrès républicain une majorité très marginale, tandis que le membre du Congrès démocrate est arrivé à 5 contre 1, cela aurait probablement se sont retrouvés avec deux membres démocrates du Congrès, ce qui peut ou non être dans l'intérêt public. [Rires.]

Mais je pense qu'il est très difficile pour nous d'essayer de tracer ces lignes. Il ne fait aucun doute qu'ils sont rédigés de manière insatisfaisante, non seulement pour le Congrès, qui n'est pas le pire contrevenant, mais pour les législatures des États, où nous avons eu depuis de nombreuses années des exemples notoires de gerrymandering, mais qui est une responsabilité des États, pas du gouvernement fédéral.

En tout cas, je ne connais pas entièrement la proposition du membre du Congrès Celler et quelles seront exactement ses normes, mais je vais l'examiner.

Q. Monsieur le Président, dans le même ordre d'idées, pouvez-vous nous dire où vous vous situez ou avez-vous une position sur l'augmentation de la taille de la Chambre des représentants ?

LE PRÉSIDENT. Eh bien, c'est 435 membres maintenant, ce qui est un grand corps. Le membre du Congrès Chelf et je crois que d'autres membres du Congrès ont proposé de l'augmenter, je pense à 450-1, je discuterai de cette question avec le président Rayburn et obtiendrons son point de vue ainsi que la direction de la Chambre des deux côtés.

Journaliste : Merci, Monsieur le Président.

REMARQUE : la troisième conférence de presse du président Kennedy s'est tenue dans l'auditorium du département d'État à 10 heures le mercredi matin 8 février 1961.